Normalisation des études à distance : impacts et opportunités

Steffy Mootoosamy
26 nov. 2021

Si la crise sanitaire a impacté le quotidien de toute la population, celui des étudiants s'est particulièrement dégradé. Confinés loin de chez eux ou forcés de retourner au domicile familial, leur parcours académique ne s’est -en plus- pas déroulé comme prévu. La grande majorité de l'année scolaire 2020-2021 a eu lieu en distanciel. Parallèlement, pour la rentrée 2021, l'objectif est un retour au 100% présentiel. Entre réunions Zoom, manque de ressources et problèmes de connexion internet, on fait le point sur l’impact du 100% numérique dans la vie des étudiants.

Un chamboulement général

Clairement, la crise sanitaire a transformé le quotidien académique des étudiants et du corps enseignant. Si à la rentrée de septembre 2020, il est encore possible d’assister à des cours en présentiel, le nombre de cas Covid dans les établissements explose ce qui  engendre des fermetures partielles d’universités et une normalisation de l'enseignement à distance. En octobre, les établissements d'enseignement supérieur situés en zones d'alerte "renforcée" et "maximale" doivent se limiter à la moitié de leur capacité d'accueil. S'en suit la mise en place d'un couvre-feu et d’un autre confinement, qui empêche la reprise des cours en présentiel, avant mi-janvier 2021. Les présidents d'universités lancent alors l’alerte, en insistant sur les difficultés rencontrées par les étudiants notamment ceux inscrits en première année de licence.

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Ils ont en effet des difficultés à s’adapter et s’organiser face à ces changements de méthode d’apprentissage. Les principaux freins identifiés sont la concentration, l’organisation et le manque d’interaction avec leurs camarades. Selon l’Observatoire des usages du numérique dans l'enseignement à distance, 41% des étudiants disent ne pas pouvoir rester concentrés plus d’une heure et 28,1% déclarent ne pas rester focalisés plus de 2 heures sur leur travail. Bien que 51% des étudiants considèrent leur situation en télétravail convenable, l’organisation reste une problématique majeure (54,9% estiment que le temps de travail personnel a augmenté pendant cette période) à quoi s’ajoute un fort sentiment d’isolement : 71,2 % des étudiants en première année se déclarent isolés.

Pour la rentrée 2021-2022, des mesures ont été établies en faveur d'un retour en classe en présentiel, pour tous les élèves et étudiants. Bien évidemment, les mesures sanitaires sont devenues la norme dans les établissements. Les cours à distance ne disparaissent pas complètement, mais sont néanmoins mieux maîtrisés. L'enseignement dit "hybride" est pour l'instant la meilleure option pour un retour progressif en classe. Cependant, en octobre dernier,  150 étudiants de l’École internationale d’études politiques et de la filière AEI (Administration et échanges internationaux) de l’université de Créteil et de l'UPECdénoncent dans une lettre ouverte, que leur école dispense ses cours uniquement à distance par faute de moyens.

 

L'avis des étudiants: de la panique à l'opportunité

Au vu de nombreux témoignages on comprend que la connexion internet s’est avérée indispensable pour ce nouveau mode de travail à distance : 

  • Fanny en deuxième année de droit, avait débuté l’année en classe, mais le distanciel s’est vite installé avec le nombre de cas Covid positifs : “Les profs devaient publier leurs cours à l'écrit pour ceux qui n'arrivent pas à accéder à Zoom, mais un seul l'a fait sur une dizaine de profs", témoigne l'étudiante.
  • En deuxième année de philosophie, Yanis a eu beaucoup de mal à suivre les cours en ligne avec des soucis techniques notamment : "C'est très compliqué de travailler chez soi. J'ai le matériel nécessaire, mais j'ai eu des problèmes de connexion. En plus, certains profs ne donnent pas leurs cours à distance”. 
  • Certains n’ont même pas de connexion WiFi chez eux. Alexis, étudiant de 19 ans par exemple, doit faire un partage de connexion de son téléphone pour travailler. "Je le vis plutôt mal, ce n'est pas facile pour moi". 
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La Direction de l'orientation et de l'insertion professionnelle de l'Université Grenoble rappelle que plus de 20% des étudiants quittent l'enseignement supérieur sans diplôme, dont 25% en première année de licence. On peut supposer, avec ces quelques témoignages, qu'un environnement de travail sans connexion viable aura forcément un rôle à jouer dans ce risque de décrochage. Pour faire face à ce fléau, différentes solutions sont mises en place. Les Crous ont par exemple instauré des dispositifs d'aide psychologique. Certaines universités ont également mis en place des centres ouverts à tous les étudiants qui ont besoin une aide psychologique. 

Après cette année 2020-2021, où les étudiants n'ont quasiment pas mis les pieds dans leur école. Le gouvernement souhaite que cette rentrée soit la plus normale possible. Des groupements d'étudiants accompagnés par des syndicats s'expriment de plus en plus sur la question du 100% présentiel:

  • Mélanie Luce, présidente de l’UNEF, regrette que les échanges avec les professeurs soient presque impossibles. Pour elle, le gros point noir du distanciel, est principalement dû à un manque de ressources dans les universités. Dans son tract de rentrée l'UNEF dénonce que "les universités n’ont pas assez de moyens pour embaucher des profs et profitent de la crise pour dématérialiser les cours"
  • Hugo, étudiant à l’École internationale d’études politiques de l’UPEC, explique que ses cours sont à distance par manque de place dans les locaux.

En parallèle, les formations diplômantes sont de plus en plus populaires. En effet, quitte à travailler en distanciel, certains étudiants choisissent directement des formations 100% digitales. On apprend par exemple que 4.500 étudiants optent chaque année pour une formation à distance, à l’université Paris 8. Une étudiante de 23 ans avoue qu’elle n'a pas été séduite par l’université en présentiel et qu’elle préfère travailler à son rythme à distance. Elle a la possibilité de retrouver la totalité de ses cours en version écrite sur la plateforme en ligne de son université. Cela montre aussi que même en deuxième année de licence par exemple, les cours à distance avec une bonne connexion et les supports adéquats peuvent être une alternative intéressante. Certains établissements publics ou privés proposent même des forums de discussion entre étudiants qui permettent aussi d’échanger avec les enseignants. Autrement dit, les études à distance peuvent fonctionner à condition d'être équiper de l'outil n°1 : une bonne connexion WiFi au domicile. 

En tant qu'opérateur leader du WiFi as a service, Wifirst connecte plus de 3 résidences étudiantes sur 4 en France. Notre connaissance du marché (l’explosion des usages internet par les étudiants n’est pas nouvelle) et l’exigence sur la qualité de service nous poussent constamment à innover pour proposer des solutions techniques à la hauteur des besoins des étudiants dont l'usage académique couplé aux loisirs fait désormais pleinement partie.

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